Dernière mise à jour : 1er juillet 2026 — Champ d’application : France, gérants de SARL. Barème URSSAF au 1er janvier 2026 ; doctrine BOFiP BOI-BNC-BASE-40-60-60 mise à jour le 18 février 2026.
En bref
Un gérant de SARL peut faire prendre en charge ses frais de repas par la société lorsqu’ils sont professionnels et justifiés : déplacement empêchant de rentrer déjeuner, ou repas d’affaires. Dans une SARL à l’impôt sur les sociétés, la règle est le remboursement au réel sur justificatifs, complété le cas échéant par une allocation forfaitaire dans les limites du barème URSSAF 2026. Le mécanisme du « forfait repas » (5,50 € / 21,40 €) ne concerne, lui, que l’exercice en nom propre.
- SARL à l’IS : remboursement des frais réels sur justificatifs, ou repas d’affaires déductibles.
- Barème URSSAF 2026 pour une allocation forfaitaire : 7,50 € / 10,40 € / 21,40 € selon la situation.
- Repas d’affaires : déductibles pour leur montant réel, dès lors qu’il reste raisonnable.
- Gérant majoritaire (TNS) : pas de titres-restaurant en principe.
- TVA sur les repas : récupérable sur justificatif conforme.
Gérant majoritaire ou minoritaire : deux régimes
Le statut du gérant conditionne le traitement social de ses frais :
- Gérant majoritaire : travailleur non salarié (TNS). La société lui rembourse ses frais professionnels réels ; il ne bénéficie pas des dispositifs réservés aux salariés (titres-restaurant notamment).
- Gérant minoritaire ou égalitaire : assimilé salarié. Il suit le régime des frais professionnels des salariés, avec les plafonds d’exonération URSSAF et l’accès aux titres-restaurant.
SARL à l’IS : le remboursement au réel
Une SARL relève par défaut de l’impôt sur les sociétés. Les frais de repas professionnels du gérant sont alors pris en charge par la société et constituent une charge déductible, à condition d’être engagés dans l’intérêt de l’entreprise et justifiés. Deux voies principales : le remboursement des dépenses réelles sur présentation des justificatifs, ou le repas d’affaires (voir plus bas). Si la société verse une allocation forfaitaire, celle-ci est exonérée de cotisations dans les limites du barème URSSAF :
| Situation | Plafond d’exonération 2026 |
|---|---|
| Repas au restaurant, en déplacement professionnel | 21,40 € |
| Repas hors des locaux, sans contrainte de restaurant (chantier, déplacement) | 10,40 € |
| Restauration sur le lieu de travail (contrainte d’organisation ou d’horaires) | 7,50 € |
Au-delà de ces plafonds, la fraction excédentaire est réintégrée et soumise à cotisations. À noter : le mécanisme du forfait « frais supplémentaires de repas » décrit ci-dessous vise l’exercice en nom propre, pas la SARL à l’IS — une confusion fréquente.
Exercice en nom propre : le forfait « frais supplémentaires de repas »
Si le dirigeant exerce en entreprise individuelle au réel (BIC ou BNC), il applique un mécanisme différent : il ne déduit que le surcoût lié à l’activité. On retient le prix du repas dans la limite d’un plafond, puis on retranche la valeur d’un repas pris à domicile.
| Paramètre 2026 (exercice en nom propre, au réel) | Montant |
|---|---|
| Valeur forfaitaire du repas pris à domicile (part personnelle, non déductible) | 5,50 € |
| Plafond au-delà duquel la dépense est jugée excessive | 21,40 € |
| Déduction maximale par repas (21,40 − 5,50) | 15,90 € |
La déduction correspond donc à : prix réel du repas (plafonné à 21,40 €) moins 5,50 €, soit au maximum 15,90 € par repas en 2026. Trois conditions cumulatives : l’impossibilité de rentrer déjeuner (un bureau proche du domicile ne suffit pas), le régime réel (les micro-entrepreneurs en sont exclus), et des justificatifs probants. Ce mécanisme peut aussi concerner la part de rémunération d’un associé de société d’exercice libéral imposée en BNC.
Le repas d’affaires : un régime distinct
Le repas partagé avec un client, un fournisseur ou un prospect ne relève pas du forfait ci-dessus. C’est une charge déductible pour son montant réel, à condition qu’il reste raisonnable, qu’il soit engagé dans l’intérêt de l’entreprise et documenté (date, lieu, montant, personnes invitées et motif). Confondre un repas d’affaires avec un simple frais de repas revient à se priver d’une déduction légitime.
Ce que nous constatons au cabinet. Trois erreurs reviennent souvent. Appliquer le forfait « 5,50 € / 21,40 € » à une SARL à l’IS, alors qu’elle fonctionne au remboursement réel. Ranger un repas d’affaires dans les frais de repas ordinaires, et perdre une part de déduction. Enfin, un gérant majoritaire qui s’attribue des titres-restaurant auxquels il n’a pas droit. Chacune expose à une réintégration en cas de contrôle.
Les titres-restaurant : pour qui ?
Les titres-restaurant sont réservés aux salariés et aux dirigeants assimilés salariés (gérant minoritaire ou égalitaire). Un gérant majoritaire, travailleur non salarié, n’y a en principe pas droit. Lorsqu’ils sont attribués, la part patronale bénéficie d’une exonération plafonnée, revalorisée chaque année (de l’ordre de 7,32 € par titre en 2026, à confirmer), et l’usage quotidien est plafonné à 25 €.
Et la TVA sur les repas ?
Contrairement à une idée répandue, la TVA sur les frais de restaurant et de repas est récupérable pour une entreprise assujettie, dès lors que la dépense est professionnelle et que la facture est conforme (une note simplifiée suffit en dessous de 150 € HT ; au-delà, la facture doit être au nom de l’entreprise). C’est une différence notable avec l’hébergement des dirigeants et salariés, dont la TVA n’est pas déductible. Pour aller plus loin, voir notre article sur la TVA déductible sur les frais.
Justificatifs et erreurs à éviter
- Conserver une facture ou note détaillée (date, lieu, montant), le motif professionnel et la preuve de paiement.
- Ne pas déduire un repas pris à domicile ou en télétravail (aucun surcoût professionnel).
- Distinguer clairement repas de déplacement, repas d’affaires et allocation forfaitaire.
- Conserver les pièces au moins trois ans (délai de reprise de l’administration). Voir aussi le barème des frais de repas pour petit déplacement.
Comment BM Fiduciaire vous accompagne
- le paramétrage du bon dispositif selon votre statut de gérant (majoritaire ou assimilé salarié) ;
- la distinction, dans votre comptabilité, entre frais de déplacement, repas d’affaires et forfaits ;
- la récupération de la TVA sur vos frais de repas ;
- la sécurisation des justificatifs face à un contrôle URSSAF ou fiscal.
Les informations publiées sont générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé. Pour toute décision fiscale, sociale ou juridique, contactez le cabinet ou votre conseil habituel afin d’analyser votre situation précise.
Besoin d’y voir clair sur vos frais de repas ? Demandez un devis ou appelez le 01 84 20 11 80.
FAQ
Un gérant de SARL peut-il déduire ses frais de repas ?
Oui, s’ils sont professionnels et justifiés. Les modalités diffèrent selon qu’il est majoritaire (travailleur non salarié) ou assimilé salarié.
Quel montant est déductible en 2026 ?
Dans une SARL à l’IS, le frais réel professionnel est remboursé sur justificatif. Une allocation forfaitaire est exonérée dans les limites URSSAF (jusqu’à 21,40 € au restaurant en déplacement).
Le déjeuner quotidien près du bureau est-il déductible ?
Non, si le gérant peut rentrer déjeuner. Il faut une contrainte réelle : déplacement, distance ou horaires empêchant le retour au domicile.
Repas d’affaires et frais de repas, est-ce la même chose ?
Non. Le repas d’affaires (avec un client ou un fournisseur) est déductible pour son montant réel raisonnable, en dehors de tout forfait.
Le gérant majoritaire a-t-il droit aux titres-restaurant ?
En principe non : les titres-restaurant sont réservés aux salariés et aux dirigeants assimilés salariés.
La TVA sur les repas est-elle récupérable ?
Oui, pour une dépense professionnelle avec un justificatif conforme. C’est différent de l’hébergement des dirigeants, dont la TVA n’est pas déductible.
Quels justificatifs faut-il conserver ?
Une facture ou note détaillée (date, lieu, montant), le motif professionnel et la preuve de paiement, à garder au moins trois ans.
